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Codasystem Shoot & Proof : Le poids de l’image

Devant un tribunal, une simple photographie n’est pas une preuve irréfutable mais le devient dès lors qu’elle est estampillée "Shoot & Proof". Ce système permet d’authentifier l’auteur, le moment et l’endroit où la photo a été prise.

Confucius disait qu’"une image vaut mieux que mille mots". Mais à l’époque, le maître philosophe ne pouvait s’imaginer que la main de l’homme irait jusqu’à modifier ladite image afin de la rendre plus percutante ou à l’avantage du ou des sujets photographiés. De nombreux exemples existent, notamment du temps de la guerre froide ou pendant les purges staliniennes : un certain nombre de photographies ont été retouchées pour effacer un personnage public tombé en disgrâce. Plus près de nous, on se souvient de l’épisode de la photo de Paris Match montrant un certain président pagayant torse nu lors de vacances aux États-Unis. Jusqu’ici rien à redire, sauf que la photographie était passée par Photoshop afin d’effacer ou d’atténuer les "poignées d’amour" du chef de l’État français. Ce genre de "falsification" est courant dans le monde de la mode… Problème, comment prouver au grand public que l’image est fausse, sauf à passer par un constat (coûteux) d’huissiers et

d’experts ?

 

Une certification à toute épreuve


C’est là qu’intervient Codasystem, PME française créée conjointement en 2002 par Frédéric Levaux, spécialiste dans la création de sociétés high-tech, et Ludovic Guillemot, ingénieur et docteur en traitement d’images. C’est à la suite d’une mésaventure avec un entrepreneur du BTP que les fondateurs de Codasystem ont eu l’idée de "Shoot & Proof". Ne respectant pas les délais impartis, l’un des fondateurs de Codasystem a pris des photos afin de prouver le retard du chantier. Sauf que les photos en question n’avaient aucune valeur juridique sachant que l’entrepreneur indélicat avait effectué la même démarche montrant un chantier fini. Alors qui croire dans ces cas-là ? "Shoot & Proof", c’est une certification en quatre étapes : Who, When, Where, What. En gros, il s’agit de prouver l’authenticité (auteur) de la photo, sa traçabilité et son intégrité. Afin que LA photo devienne un élément juridique inattaquable, Codasystem s’est plié à toutes les normes européennes en termes de document électronique : signature électronique, archivage numérique (NFZ 42013), attestation/intégrité (RSC 3029), horodatage (RSC 3161), confidentialité (ISO 15408), sécurité des réseaux (ISO TR 13335). Cerise sur le gâteau, Codasystem est certifié ISO 27001. Autre force de la société, les nombreux audits techniques dont elle fait l’objet. Conséquence, même le système judiciaire anglo-saxon ne fait aucune difficulté à reconnaître le système "Shoot & Proof". Deux cas ont été portés en justice avec un abandon des charges pour l’un d’eux dès que la partie adverse a eu connaissance de l’utilisation de "Shoot & Proof".

Cryptage et stéganographie


Pour profiter du logiciel "Shoot & Proof", il faut obligatoirement se munir d’un smartphone (iPhone, BlackBerry, Windows Mobile et prochainement Android courant deuxième trimestre 2010) intégrant un appareil photo affichant une bonne résolution (minimum 2 mégapixels). Une fois la photographie saisie, elle passe à la moulinette via le logiciel. La photo est alors stéganographiée. C’est-à-dire que des informations telles que la date, l’heure, la géolocalisation sont dissimulées dans la photo sous forme d’un tatouage invisible.  En clair votre ou vos clichés sont tatoués informatiquement et les informations citées plus haut n’apparaissent pas à l’œil nu. Les photos ainsi certifiées sont envoyées (GPRS, Edge, 3G/3GS, Wi-Fi et même connexion PC) vers les serveurs de Codasystem situés au Luxembourg dont les clefs de cryptage sont de 32 000 bits (la présence d’établissements bancaires n’est sûrement pas étrangère à ce cryptage de haute volée) contre seulement 128 en France, sans compter les contraintes liées à l’usage du cryptage sur le territoire national. Une fois les formalités d’identification effectuées, le ou les fichiers sont stockés et archivés sur les serveurs. Un mail prévient le "propriétaire" et les destinataires intéressés de la bonne réception d’un dossier. Un lien URL permet d’accéder au document en question et d’en avoir une copie. En aucun cas on ne peut intervenir sur l’original, sauf à le détruire. Selon les besoins, un cliché original pourra être stocké entre une semaine et dix ans. Actuellement, quinze mille clichés par semaine sont certifiés et stockés sur les serveurs de Codasystem.

Même l’iPhone s’y met


Codasystem ne pouvait passer à côté de la star des téléphones mobiles, l’iPhone. L’application "Shoot & Proof" est commercialisée 1,59 euro sur l’App Store et autorise la certification de deux photos. Petite nouveauté dans la mise à jour avec la fonctionnalité “In App Purchase” qui permet d’acheter directement depuis l’application des packs de photos supplémentaires : cinq photos (4,99 euros), quinze photos (14,99 euros) et vingt-cinq photos (24,99 euros). Concernant les autres mobiles, deux packs sont disponibles : le premier à 36 euros par mois et le second, Premium, à 54 euros par mois.


Dernière minute
Une députée des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, a déposé une proposition de loi concernant les visuels "photoshopés" dont le terme découle du célèbre logiciel de retouche Photoshop. Valérie Boyer souhaite que la mention « Photographie retouchée afin de modifier l’apparence corporelle d’une personne » soit apposée sur chaque photo ayant été retouchée quel que soit le domaine d’activité. Par cette proposition, c’est principalement la presse de mode qui est visée, mais pas seulement…

Par Erick Fontaine - Mis en ligne le mardi 9 février 2010 à 08h23

 

 

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