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Test : le Nokia N900 passé au crible !

Si le N900 présente bien des ressemblances avec d’autres membres de la famille NSeries de Nokia, il suffit d’allumer l’appareil pour se rendre compte qu’il est unique dans la gamme du constructeur finlandais.

Test : le Nokia N900 passé au crible !

Quelques minutes en compagnie du N900 suffisent pour s’apercevoir que ce smartphone ne ressemble à aucun autre, chez Nokia ou ailleurs. Plutôt que de s’appuyer sur l’OS S60 v5, le système d’exploitation habituel des NSeries tactiles, le constructeur finlandais a cette fois opté pour Maemo 5, l’OS qu’il utilise habituellement pour ses tablettes tactiles et qui est basé sur Linux. De fait, le N900 ressemble beaucoup à une tablette tactile à laquelle on aurait ajouté une application de téléphonie mobile. Si la prise en main de l’appareil est déstabilisante dans un premier temps, on s’y fait vite et il ne faut finalement que quelques minutes pour se rendre compte du potentiel de Maemo tant il est fluide et agréable à utiliser. On oublie alors les petits inconvénients, comme son poids. Surtout qu’il est partiellement justifié par le grand écran et le clavier azerty très ergonomique.

 

Paré pour le multimédia

Le N900 propose tout le panel habituel des fonctions multimédias. Il se révèle capable de capturer des photos en 5 mégapixels et des vidéos en 800 x 480 pixels, pour un résultat parfois moyen. La lecture des contenus multimédias est plus aboutie, notamment du côté de la vidéo. Le N900 est capable de lire des DivX. Les films rendent particulièrement bien sur son grand écran. Enfin, malgré son usage atypique, les fonctions téléphoniques du N900 ne sont pas en reste. L’interface est certes spartiate pour ce genre d’usage, mais le smartphone offre une journée pleine d’autonomie en usage intensif et deux jours en usage moyen, ce qui n’est pas si mal quand on le compare aux autres produits du même acabit. Quant à la qualité audio en appel, elle est très correcte, aussi bien en émission qu’en réception.

 

Au final, on se fiche bien de savoir si ce produit est une tablette ou un smartphone. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ! De ce point de vue, même s’il semble encore mal dégrossi sur certains points, le N900 nous a d’ores et déjà conquis. Il est certes atypique par bien des aspects, mais cette originalité est au service d’une ergonomie et d’une philosophie différentes. 

 

 

 

Voici les caractéristiques du smartphone abordées en détails :

 

Design : le retour de la brique nordique
Le look de la face avant est à la fois sobre et réussi. Le plastique noir et glossy employé lui donne un air classieux. La face arrière est en revanche moins gâtée avec un plastique noir mat plutôt quelconque. Ce qui ne l’empêche pas d’être relativement agréable au toucher. Mobile en main, on s’aperçoit qu’il est loin d’être un modèle de finesse avec ses 18 mm d’épaisseur. Mais, même si les dimensions imposantes ne vous gênent pas outre mesure, il va aussi falloir vous faire aux 181 grammes de la bête ! C’est le mobile le plus lourd disponible à l’heure actuelle et il ne sait guère se faire discret au fond d’une poche ou d’un sac. Mais nous pensons que le clavier de grande qualité, l’écran géant et la tonne de fonctions justifient, ou excusent, en grande partie un tel poids. De plus, la qualité de fabrication de l’ensemble est très bonne et les finitions respirent la solidité.

Ergonomie : agréable au quotidien
Malgré ses dimensions conséquentes, le N900 offre une prise en main des plus correctes. Située sur le dessous, la touche qui permet de verrouiller/déverrouiller l’appareil est suffisamment accessible et souple pour ne poser aucun problème d’ergonomie. Quant au clavier azerty qui coulisse sous le mobile, c’est un modèle du genre. Il nécessite un temps d’adaptation dans la mesure où la touche “espace” n’est pas centrale et que les touches de direction sont étrangement placées. Mais, l’un dans l’autre, on s’y fait assez rapidement. Point important, les touches sont suffisamment grandes et souples pour offrir un bon confort de frappe. Ce clavier ne propose que trois rangées, contre cinq chez certains modèles concurrents. Mais Nokia a réussi à tout rendre accessible et on s’en contente très bien. Côté écran, celui de ce N900, propose pour la première fois chez Nokia un afficheur doté d’une résolution WVGA de 800 x 480 pixels. Il est certes encore de technologie dite résistive mais sa sensibilité est vraiment bonne. Il est en revanche troublant de constater que l’on ne trouve pas un seul bouton en façade de ce smartphone. Comme évoqué par ailleurs, l’ergonomie de ce N900 est vraiment particulière et ne ressemble à celle d’aucun smartphone que vous connaissez. Mais encore une fois, on prend vite l’habitude et cela n’est en aucun cas un handicap.

Système d’exploitation : du sang frais
Au-delà du côté matériel, c’est surtout le système d’exploitation de ce N900 qui a suscité l’attente. C’est en effet Maemo 5 que l’on retrouve dans ce smartphone, un OS jusqu’ici réservé aux tablettes tactiles de Nokia. Exit donc l’habituel S60v5 des Nokia tactiles tels que les N97 et N97 Mini, 5800 XpressMusic, etc. Maemo est une plateforme essentiellement open source basée sur Linux. On pourrait d’ailleurs grossièrement la résumer à une distribution Linux adaptée à une ergonomie tactile pour téléphone portable. On est d’entrée frappé par la philosophie totalement différente du N900. Il ne s’utilise quasiment qu’en mode paysage, l’application de téléphonie étant la seule exception notable. Ce smartphone est clairement une tablette tactile à laquelle on a ajouté un module de téléphonie. C’est déstabilisant dans premier temps mais on s’y fait très vite. L’OS dispose de quatre écrans d’accueil sur lesquels on peut placer des widgets, un peu comme on le ferait sur les pages d’accueil d’Android. Signalons que même si certains de ces widgets sont assez pratiques, ils ne sont globalement pas aussi aboutis que ceux que l’on trouve sur l’OS de Google, ou même sur les N97 et N97 Mini. Mais qu’importe, ils sont tout de même assez fonctionnels pour remplir correctement leur office. La navigation dans les écrans d’accueil et les menus se fait de manière fluide, efficace, et on prend vraiment plaisir à utiliser un smartphone aussi réactif. L'OS profite de quelques petites animations et d'effets de transparence réussis qui viennent lui apporter du dynamisme et un cachet moderne. Néanmoins,il est également assez "brut" par certains aspects de son interface. Notez que Maemo est très certainement l’OS mobile le plus évolutif disponible. Mais quelques connaissances en Linux s’imposent pour ceux qui veulent “bidouiller”. Il est par exemple possible d’installer des programmes (paquets) Linux. Mais le résultat n'est pas toujours probant dans la mesure où ces programmes nesont pas tous compatibles avec un usage mobile. Nous avons par exemple installé OpenOffice et si le programme tourne, il n'est clairement pas optimisé pour la machine.Côté applications, l’Ovi Store (ou Ovi boutique selon les jours et les machines) n’est toujours pas disponible pour Maemo 5 à heure actuelle. Heureusement, le N900 est pourvu d'un nombre respectable de programme dès que vous le sortez de sa boîte. Et il propose en outre une autre boutique d’applications, celle dédiée à l’origine aux tablettes de Nokia. Elle se cache dans le gestionnaire d’applications. Dommage qu’elle ne propose au final qu’assez peu d’applications, même si beaucoup sont intéressantes !

 

Capture Photo/vidéo : le chaud et le froid
Malgré son héritage de tablette, le N900 n’a pas à rougir face aux autres NSeries en matière de photo/vidéo, du moins sur le papier. Le nouveau venu embarque un capteur autofocus de 5 mégapixels. Il est épaulé par un flash à double led. On apprécie particulièrement la présence d’un cache actif qui protège le capteur et qui déclenche la fonction photo lorsque vous le faites coulisser. Pour le reste, bien que l’optique soit signée Carl Zeiss, le N900 est un cran en dessous des meilleurs 5 mégapixels du marché en termes de qualité des clichés capturés. Attention, il n’est pas mauvais pour autant et offre même des images assez nettes, aux couleurs plutôt fidèles. Mais on se retrouve de temps à autre avec des photos un peu floues ou bruitées, même en environnement lumineux. De plus, l’interface de la fonction photo est d’une pauvreté à faire frémir. Elle ne propose que quelques options comme la balance des blancs, le réglage des ISO, la gestion du flash, quatre modes de prise de vue, et c’est à peu près tout. Mais c’est toujours mieux que la fonction vidéo qui ne dispose que de deux options (balance des blancs et exposition) ! Sur le papier, le N900 promet beaucoup, offrant de capturer des clips en 800 x 480 pixels (WVGA), soit mieux que tous les autres mobiles du marché, excepté le Samsung Player HD. En pratique, même si les vidéos réalisées sont exploitables sur un grand écran, on regrette quelques saccades et une compression un peu trop prononcée.

 

Multimédia : le DivX s’invite
Tout dans le N900 semble inviter à la vidéo. Le grand écran de 3,5 pouces offre une très belle image, à la fois nette et aux couleurs fidèles. Nokia semble désormais prendre la lecture de vidéos au sérieux puisque le constructeur finlandais a enfin daigné intégrer le DivX et le XviD dans son nouveau smartphone. Et le résultat est vraiment très plaisant. Si vous êtes de ceux qui aiment regarder des vidéos sur votre mobile sans avoir à vous embêter à les transcoder en MP4, le N900 est l’un des meilleurs mobiles disponibles à l’heure actuelle avec le Samsung Player HD et le Toshiba TG01 (dont c’est le seul point fort !). Il se révèle compatible avec une grande variété de codecs. Il faut juste éviter de le nourrir de vidéos à la résolution trop élevée. Le smartphone fait aussi un lecteur musical de qualité, à condition de ne pas être trop regardant sur les fonctions avancées. Le rendu sonore est très bon et toutes les options basiques comme la création de listes de lecture ou l’affichage sont disponibles. Mais pas plus. Le lecteur de photos est plus impressionnant dans la mesure où il offre une excellente réactivité. Alors qu’avec la plupart des autres téléphones il faut un certain temps pour lire les données présentes sur la carte mémoire et les afficher, c’est quasiment instantané sur le N900. Nous l’avons testé avec une carte mémoire microSD de 16 Go contenant des centaines de photos et de chansons. Le tout s’est affiché en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Soulignons enfin que Nokia fournit un câble vidéo pour brancher le smartphone à un téléviseur. Il est le seul constructeur à le faire systématiquement avec ses produits haut de gamme. Cerise sur le gâteau : la mémoire interne culmine à 32 Go ! Enfin, le N900 intègre également un transmetteur FM qui permet de profiter de la musique sur une radio ou un autoradio sans recourir à aucun branchement. L’interface est une fois de plus très sobre, mais cette fonction remplit parfaitement son office.

OS – multitâche : Enfin du vrai multitâche !
L’un des points forts de Maemo 5 est son excellente gestion du multitâche et son intégration dans l’ergonomie de la machine. En fait, lorsque vous quittez une application sans la fermer, elle reste active en tâche de fond. Pour voir toutes les applications que vous avez laissées ainsi ouvertes, vous n’avez rien à faire ou presque. En fait, le gestionnaire des tâches vient s’intercaler entre la page d’accueil et la page des menus. C’est-à-dire que lorsque vous appuyez pour consulter un menu, ce gestionnaire apparaît automatiquement. C’est très plaisant à l’usage et cela permet de toujours garder un œil sur vos applications ouvertes. Il s’agit clairement du multitâche le plus abouti qu’il nous ait été donné de voir dans un smartphone. Les fenêtres des différents programmes actifs apparaissent de manière claire et intelligible. Nous avons pour notre part pu laisser le lecteur vidéo en pause en arrière-plan, ainsi que le gestionnaire de mails, le navigateur web et plusieurs widgets sans ralentir l’appareil outre mesure. Attention toutefois à ne pas trop en demander au N900. Malgré son processeur ARM Cortex A8 cadencé à 600 MHz, ses 256 Mo de Ram (épaulés par 768 Mo de mémoire virtuelle, pour un total de 1 Go donc), il finit par crier grâce lorsque vous ouvrez trop d’applications en même temps. Nokia est néanmoins sur la bonne voie.

 

Internet : le web en vrai
S’il est bien un domaine dans lequel le N900 survole la concurrence, c’est celui de la navigation web ! Il embarque une version Maemo du célèbre navigateur Firefox. Outre une ergonomie de haut vol qui rend le surf très agréable, Firefox se distingue surtout par une compatibilité quasi totale avec les langages web comme Flash, Ajax ou JavaScript. De ce point de vue, il est même meilleur que le navigateur de l’iPhone ! Toutefois, si la plupart des éléments en Flash s’affichent correctement, quelques bugs et ralentissements subsistent tout de même. Mais cela ne doit en rien entamer l’enthousiasme autour de la navigation web de ce N900. C’est bien simple, il offre l’expérience de surf la plus proche de celle que l’on peut trouver sur un ordinateur.
 

Par Sofian Nouira - Mis en ligne le mercredi 23 décembre 2009 à 12h02

 

 

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