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ZTE casse le prix des smartphones

En lançant deux smartphones 3G, l’équipementier positionné sur l’entrée de gamme attaque le marché des téléphones intelligents. Réputé en Chine, le géant souhaite gagner la reconnaissance du consommateur européen. Faire partie du club des trois grands constructeurs sera son objectif pour la décennie à venir. Un pari difficile à tenir, mais pas impossible selon He Shiyou, vice-président du groupe ZTE.

ZTE est connu en Europe pour ses produits d’entrée de gamme, notamment en France avec l’opérateur SFR. Pourquoi, maintenant, entrez-vous directement sur le marché du smartphone ?
Les smartphones se développent en Europe car l’ergonomie des terminaux et les forfaits des opérateurs permettent un accès à l’Internet que seul le PC autorisait jusqu’ici. Ils représenteront 40 % des ventes de mobiles en Europe en 2012, soit deux fois plus qu’en 2010.

Pourquoi diviser par deux les prix des smartphones, en les proposant à moins de 200 euros ?
Ce marché sera progressivement un marché de masse.

Pourquoi avez-vous lancé vos deux smartphones 3G, le BlueBelt II et le SilverBelt, au Portugal ?
Depuis le lancement de ZTE au Portugal en mai dernier avec TMN, notre téléphone BlueBelt 3G cobrandé ZTE/TMN a pris 30 % du marché des smartphones dans ce pays peut-être 40 % d’ici à la fin de l’année.

Seront-ils proposés dans les autres pays européens ?
Nous espérons les vendre dans la plupart des pays d’Europe, a fortiori en Allemagne, au Royaume-Uni et France, d’ici aux fêtes de fin d’année.

Votre marque est-elle systématiquement associée à celle d’un opérateur ?
Disons que plus de 80 % de nos produits sont soit sous une marque d’opérateur, soit cobrandés avec les opérateurs, notamment parce qu’on les adapte à leur demande. Cette stratégie nous a permis de signer avec des poids lourds tels que Vodafone et les opérateurs chinois comme China Mobile, China Telecom et China Unicom.

Combien de téléphones mobiles avez-vous déjà vendus ?
La croissance de ZTE a été très rapide sur le marché des terminaux. Nous avons vendu quinze millions d’unités en 2006 et cinquante millions en 2008. Au total, fin septembre 2009, nous avons vendu plus de cent millions de téléphones.

Cela n’est pas beaucoup…
Nous sommes maintenant le sixième plus grand fabricant alors que ZTE était une marque inconnue il y a encore deux ans ! Nous souhaitons devenir le leader mondial dans la customisation des terminaux mobiles.

ZTE se focalisera-t-il un jour sur les réseaux tandis que son concurrent Huawei se concentrera sur les terminaux, à l’image d’Ericsson et Nokia ?
Non. Les téléphones et les réseaux représentent respectivement 30 et 70 % de notre activité. Nos solutions de bout en bout rassurent les opérateurs.

Vous ne consacrez donc que 30 % de votre budget de développement aux téléphones mobiles…
Le calcul n’est pas aussi simple. Au cours de ces cinq dernières années, nous avons investi lourdement dans la R&D des smartphones.

Votre mot d’ordre se résume-t-il à « tout sauf Symbian » ?
ZTE utilisera d’autres OS que Windows mobile, notamment Android et Linux pour lequel il mobilise des ressources considérables. Le chinois se disait intéressé par Symbian, mais le peu de moyens déployés pour développer cet OS et le monopole exercé par Nokia l’a dissuadé d’utiliser cet OS.

Par Bertrand Audouy - Mis en ligne le jeudi 24 décembre 2009 à 16h41

 

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