Un plateau coulissant pour pick-up répond à un problème concret : accéder au fond de la benne sans ramper ni se contorsionner. Les solutions du commerce existent, mais leur prix pousse de nombreux propriétaires de pick-up à fabriquer leur propre système. Le choix des matériaux, le type de glissement et surtout la fixation à la benne déterminent la fiabilité du résultat sur le long terme.
Glissement sans rails : une approche sous-estimée pour un plateau coulissant de pick-up
La plupart des guides se concentrent sur les glissières à billes ou les rails télescopiques. Une alternative plus simple existe, documentée par des retours d’utilisateurs de Mitsubishi L200 : un plateau en polyéthylène haute densité (HD 1000) qui glisse directement sur le fond du bac de benne, sans aucun rail.
Le HD 1000 possède un coefficient de frottement très faible. Le plateau se déplace latéralement guidé par les passages de roues, puis par des caissons en bois fixés sur les côtés. Rien n’est vissé à la benne, tout se dépose en quelques minutes. Ce type de montage convient aux charges légères du quotidien, pas au transport de matériel lourd.
L’intérêt de cette approche est double. D’abord, le coût reste minimal avec des matériaux de récupération. Ensuite, l’absence de fixation permanente préserve la benne d’origine, ce qui compte pour la revente du véhicule. Ceux qui cherchent un guide pour un plateau coulissant pick up fait maison trouveront dans cette méthode un point de départ accessible avant d’envisager un système plus élaboré.
Les retours terrain récents signalent toutefois des limites : sur piste ou sur route dégradée, un plateau sans verrouillage peut se déplacer seul sous l’effet des vibrations. Prévoir au minimum une butée arrière ou un loquet de blocage réduit ce risque.

Rails télescopiques et glissières : choisir le bon système pour la benne
Quand le plateau doit supporter des charges significatives (outillage, matériel de chantier, équipement de bivouac), les glissières à billes deviennent la seule option fiable. Le choix du rail conditionne tout le projet.
Capacité de charge et longueur de course
Les glissières vendues en quincaillerie pour tiroirs de cuisine ne supportent pas les contraintes d’un plateau de benne. Des glissières industrielles à extension totale sont nécessaires pour que le plateau sorte entièrement de la benne et supporte le poids prévu. Les rails d’un mètre fixés sur les points d’ancrage de la benne constituent une base courante.
La longueur de course, c’est-à-dire la distance sur laquelle le plateau peut sortir, doit correspondre à la profondeur utile de la benne. Un plateau qui ne sort qu’aux deux tiers oblige encore à se pencher pour atteindre le fond.
Fixation sur les points d’ancrage existants
Les bennes de pick-up disposent de points d’ancrage prévus pour arrimer des charges. Utiliser ces points pour fixer les rails évite de percer la tôle et préserve l’étanchéité du bac. Si le perçage est malgré tout nécessaire, un joint silicone ou un rivet étanche empêche les infiltrations d’eau vers le châssis.
- Vérifier l’espacement des points d’ancrage et le comparer à l’entraxe des rails choisis avant tout achat
- Utiliser des boulons avec rondelles larges pour répartir la charge sur la tôle de la benne
- Prévoir un traitement antirouille sur chaque perçage, même avec de l’acier galvanisé
Plateau en bois ou en métal : arbitrer selon l’usage réel
Le contreplaqué marine reste le matériau le plus utilisé pour les plateaux DIY. Il se découpe facilement à la scie circulaire, se ponce, se traite, et offre un bon rapport entre poids et rigidité. Un contreplaqué de bonne épaisseur résiste bien aux charges modérées tout en restant manipulable par une seule personne.
L’aluminium, en revanche, apporte une résistance supérieure à la corrosion et un poids plus faible à rigidité égale. Le travail de l’aluminium demande des outils adaptés (scie à métaux, riveteuse, perceuse avec forets spécifiques) et une certaine expérience. Pour un premier projet, le bois pardonne davantage les erreurs de mesure ou de découpe.
Un point souvent négligé : la surface du plateau doit empêcher le glissement des objets posés dessus. Un revêtement antidérapant (tapis caoutchouc, peinture texturée) évite que le chargement se déplace à chaque freinage. Sans ce traitement, le plateau coulissant règle le problème d’accès mais en crée un autre.

Norme EN 12195 et arrimage : ce que les bricoleurs oublient
Fabriquer un plateau coulissant pour son pick-up relève du bricolage, mais circuler avec relève du code de la route. La famille de normes EN 12195 encadre la fixation des charges sur tous les véhicules routiers dans l’Union européenne, y compris les utilitaires légers aménagés de façon artisanale.
Lors des contrôles routiers, les sangles ou chaînes utilisées pour arrimer la charge sur le plateau doivent porter une étiquette lisible indiquant leur capacité (LC) et leur force de tension (STF). Des sangles sans marquage sont considérées comme non conformes, ce qui peut entraîner une amende et l’immobilisation du véhicule.
Le plateau lui-même, s’il n’est pas solidement fixé à la benne, peut être considéré comme une charge non arrimée. Les retours terrain divergent sur ce point : certains utilisateurs circulent depuis des années avec un plateau simplement posé, d’autres ont été verbalisés lors d’un contrôle. Prévoir un système de verrouillage qui bloque le plateau en position fermée pendant la conduite lève cette ambiguïté.
- Utiliser uniquement des sangles et crochets portant un marquage conforme à la norme EN 12195
- Fixer le plateau à la benne par au moins deux points de blocage en position route
- Vérifier que le plateau ne dépasse pas du hayon arrière lorsqu’il est en position fermée
Un plateau coulissant bien conçu transforme l’usage quotidien d’un pick-up. Le choix entre un système simple sans rails et un montage sur glissières industrielles dépend du poids transporté et de la fréquence d’utilisation. Dans tous les cas, la fixation du plateau et l’arrimage de la charge méritent autant d’attention que la fabrication elle-même.



